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Libre passage

Libre passage : compte d'épargne ou placement en titres ?

Mis à jour le 7 min de lecture

Photo : Towfiqu barbhuiya sur Unsplash

Un avoir de libre passage peut rester sur un compte d'épargne rémunéré par un intérêt, ou être investi en titres (fonds de placement). Les deux formes sont prévues par la loi, mais elles n'offrent pas du tout la même sécurité. Voici comment elles fonctionnent et dans quels cas l'une ou l'autre se justifie.

Deux formes prévues par la loi

L'ordonnance sur le libre passage distingue le compte « sous forme d'épargne pure » et le compte « sous forme d'épargne liée à des placements (épargne-titres) » (art. 13, al. 5, OLP). La différence tient à la manière de calculer votre capital :

  • Épargne pure : le capital correspond à la prestation de sortie versée, majorée des intérêts.
  • Épargne-titres : le capital correspond à la valeur actuelle des placements. Il monte et descend avec les marchés.

Dans les deux cas, l'argent reste bloqué pour la prévoyance et les règles de retrait sont identiques. Le guide libre passage en Suisse rappelle quand et comment il peut être versé.

Le compte d'épargne pure

Fonctionnement

La fondation de libre passage place les fonds en dépôt d'épargne auprès d'une banque surveillée par la FINMA (art. 19, al. 1, OLP). Votre avoir progresse au rythme du taux d'intérêt fixé par la fondation, qui peut le modifier.

Garanties

Le montant versé ne peut pas diminuer du fait des marchés, puisque le capital correspond à la somme versée plus les intérêts. Seuls les frais convenus par écrit peuvent en être déduits (art. 13, al. 5, OLP). Ces dépôts sont considérés comme ceux de chaque assuré (art. 19, al. 2, OLP) et, en cas de faillite de la banque, ils sont privilégiés jusqu'à CHF 100'000 par assuré, indépendamment de ses autres dépôts (art. 37a, al. 5, LB).

Limite

Le rendement se limite au taux d'intérêt servi. Si l'inflation dépasse ce taux, le pouvoir d'achat de votre avoir diminue. Notre article sur le rendement réel de la LPP explique cette notion.

La solution en titres

Fonctionnement

Votre avoir est investi dans une stratégie de placement, en général composée de fonds en actions, obligations et parfois immobilier. La fondation doit vous informer expressément des risques encourus (art. 19a, al. 1, OLP).

Règles de placement

Les placements sont encadrés. Les règles des caisses de pension (art. 49 à 58 OPP 2) s'appliquent par analogie (art. 19a, al. 2, OLP). Elles fixent notamment des limites par catégorie de la fortune globale : par exemple 50 % au maximum en actions, 30 % au maximum en immobilier et 30 % au maximum en devises étrangères sans couverture du risque de change (art. 55 OPP 2). Les placements autorisés sont restreints (obligations en francs suisses de débiteurs publics ou bancaires, placements collectifs surveillés par la FINMA, mandats de gestion soumis à ces mêmes règles) et les titres doivent être déposés auprès d'une banque ou d'une maison de titres surveillée par la FINMA (art. 19a, al. 3, OLP).

Garanties

Le capital n'est pas garanti

En épargne-titres, votre capital correspond à la valeur de marché des placements. Il peut baisser, parfois fortement, et vous pouvez récupérer moins que le montant versé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

En cas de faillite de la banque dépositaire, les titres déposés sont en principe distraits de la masse en faillite (art. 37d LB). Cette protection porte sur la propriété des titres, pas sur leur valeur.

Frais : à comparer de près

Un compte d'épargne peut comporter des frais de tenue de compte. Une solution en titres ajoute en principe les frais des fonds, de gestion et de garde. Sur plusieurs années, ces frais réduisent directement votre rendement net. Demandez un récapitulatif écrit du coût total annuel avant de signer : la loi n'autorise de toute façon la déduction de frais que s'ils ont été convenus par écrit.

Fiscalité : aucune différence

La forme du compte ne change rien à l'imposition du retrait. Au versement, le capital de prévoyance est imposé séparément des autres revenus, à un taux réduit (art. 38 LIFD pour l'impôt fédéral), puis selon les règles de votre canton. Les détails par canton figurent dans notre guide sur la fiscalité du retrait du 2e pilier.

Quel horizon pour quelle solution

Épargne pure ou épargne-titres : repères
SituationÉpargne pureÉpargne-titres
Nouvel emploi attendu dans quelques moisAdaptée : l'avoir sera transféré à la nouvelle caissePeu adaptée : risque de vendre après une baisse
Achat immobilier prévu à court termeAdaptéeRisquée si le marché baisse avant le retrait
Retraite dans plus de dix ansPossible, rendement limitéÀ envisager si vous acceptez les fluctuations
Retraite dans moins de cinq ansLimite le risque avant le retraitPart en titres à réduire selon votre tolérance
Faible tolérance aux pertesAdaptéePeu adaptée

Dans un rapport de janvier 2026, l'OFAS observe que la plupart des personnes au chômage renoncent à l'épargne-titres, qui demande un horizon de placement assez long et comporte des risques qu'elles ne peuvent souvent pas assumer. Si votre avoir doit être transféré rapidement à une nouvelle caisse (art. 4, al. 2bis, LFLP), un placement en titres vous expose à devoir vendre au mauvais moment.

Le cas des personnes proches de la retraite

Un avoir de libre passage peut être versé au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence et doit l'être à cet âge, sauf si vous prouvez que vous continuez à travailler, auquel cas vous pouvez repousser le versement de cinq ans au plus (art. 16 OLP). À l'approche de cette échéance, une forte baisse des marchés laisse peu de temps pour se redresser. Il peut donc être prudent de réduire progressivement la part en titres à mesure que l'échéance approche. Si vous êtes marié ou en partenariat enregistré, le versement en capital exige le consentement écrit de votre conjoint ou partenaire (art. 16, al. 3, OLP).

Combiner les deux

Vous n'êtes pas obligé de tout miser sur une seule forme. La prestation de sortie peut être transférée à deux institutions de libre passage au maximum (art. 12 OLP), par exemple une en épargne et une en titres. Vous pouvez aussi changer de forme ou d'institution en tout temps (art. 12, al. 2, OLP). Pour les autres critères (frais, couverture décès, canton du siège), consultez notre article choisir son compte de libre passage. Et pour comprendre les rendements publiés par les caisses, voyez la page rendement LPP.

Questions fréquentes

Oui. En épargne-titres, le capital correspond à la valeur actuelle des placements, qui peut baisser. Vous pouvez donc récupérer moins que le montant versé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le capital correspond à la somme versée majorée des intérêts, sous déduction des frais convenus par écrit. En cas de faillite de la banque, ces dépôts sont privilégiés jusqu'à CHF 100'000 par assuré, indépendamment de ses autres dépôts.

Non. Au moment du retrait, le capital est imposé séparément des autres revenus, de la même façon qu'il provienne d'un compte d'épargne ou d'une solution en titres. Le montant de l'impôt dépend du canton et du montant retiré.

Oui. L'ordonnance sur le libre passage permet de changer en tout temps d'institution ou de forme de maintien de la prévoyance. Vérifiez auprès de votre fondation les éventuels frais et délais de vente des titres.

Sources

  1. Fedlex : Ordonnance sur le libre passage (OLP), art. 12, 13, 16, 19 et 19a
  2. Fedlex : Ordonnance sur la prévoyance professionnelle (OPP 2), art. 49 à 58
  3. Fedlex : Loi sur les banques (LB), art. 37a et 37d
  4. Fedlex : Loi fédérale sur l'impôt fédéral direct (LIFD), art. 38
  5. OFAS : Placement de fonds du libre passage de l'institution supplétive : rapport explicatif (28 janvier 2026)

Rédigé par La rédaction de 2e Pilier Suisse. Service de recherche d'avoirs de prévoyance édité par Valestra Group Sàrl, à Lausanne. Nos guides s'appuient sur les textes de loi (LPP, LFLP, OLP) et sur les publications des autorités, citées en bas de chaque page.

Dernière mise à jour le . Information générale, qui ne remplace pas un conseil personnalisé : les règles de votre caisse de pension et de votre canton peuvent prévoir d'autres modalités.